La suite de ma journée d'hospitalisation dans un service de Médecine Interne...
Une copine fibro de province ne voulait pas me croire quand je parlais de "cour des miracles" pour décrire ce service... Et pourtant, une autre copine qui a eu la "chance" d'y séjourner 15 jours lui a confirmé !
Heureusement, j'étais pour ma part en hospitalisation de jour et donc dans une unité du service où ils ont refait la peinture, mis des cadres au mur et où il n'y a que quelques chambres, 2 infirmières et 1 interne suivie d'1 externe. Le résident passe 1 fois dans la journée pour superviser l'interne et voilà...
le rythme est plus calme !
Il faut avouer que le rythme de l'hôpital n'est pas adapté aux malades et plus particulièrement aux fibros.
J'étais convoquée à 7h30 à l'unité, admissions passées... Il fallait donc que j'arrive à l'hôpital à 7h du matin... C'est tôt pour quelqu'un comme moi qui n'arrive pas à émerger avant 10h du matin dans le meilleur des cas !
Mon emploi du temps harassant de ce jour là :
- réveil 5h45 : évidemment, je m'étais trompée dans le réglage du réveil (ce n'est pas un acte manqué, ça m'arrive tout le temps ! lol) donc c'est mon mari qui est venu gentiement me poser la main sur l'épaule. Pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai comme à chaque fois, sursauté comme si on allait me tuer et l'ai regardé avec un regard d'horreur (c'est pas Scream, c'est mon mari qui me réveille gentiement mais même effet en me regardant ! Bizarre...)
-Départ 6h15 : comme je devais être à jeun, je n'avais qu'à m'habiller en mode radar. J'ai réussi à la faire sans trop me cogner sur ces foutus murs de couloirs qui ne cessent de vouloir m'agresser quand je suis endormie (pas vous ?)... Pffffff
-Arrivée 7h : chance, on se gare facile et mon mari m'aide à porter tous mes examens jusqu'aux admissions. (C'est lourd 2 ans d'examens en tout genre ! Surtout que personne n'y jettera un coup d'oeil mais bon...)
- Première attente... 7h30 : admissions OK, on cherche l'hospitalisation de jour à travers les couloirs de la cour des miracles... Je finis par demander à une aide soignante qui soupire, mais me répond et je finis par trouver... Ouf !
- 7h40 : installation dans une chambre où il n'y a pas de lits mais 4 fauteuils face à face. Mon mari m'abandonne à mon sort.
- 7h50 : prise des constantes et prise de sang. Je demande ce qu'on va vérifier dans mon sang, l'infirmière ne sait pas répondre... Oups !
-8h : pipi technique dans un tube ("Vous savez faire ? Vous vous nettoyez au Dakin, vous laissez passer le premier jet et ensuite vous faites pipi dans ce tube" Pas simple quand on est endormie...)
- 8h30 : les 2 costauds viennent me chercher pour la scintigraphie des glandes salivaires dont je vous ai parlé hier.
- 11H : retour dans la chambre où je rencontre les 3 autres patientes de la chambre qui sont arrivées plus tard que moi. Tout le monde est dans le gaz, c'est rassurant. Je crève de faim, je demande mon petit déjeuner.
"vous voulez quoi?"
"ben je sais pas, qu'est ce que vous avez ?"
En soupirant "vous savez que vous allez déjeuner à 12h, soit dans une heure ?"
"oui et ?"
"bon ben ya thé, café, chocolat ?"
"thé svp"
"et pain ou biscottes ?"
"heu biscottes svp !"
- 11h15 : petit déjeuner, c'est frugal mais ça fait du bien ! Ce jus de citron m'a ouvert l'appétit... :D
- 12h30 : déjeuner : salade Monte Carlo (ça sonne bien mais c'est des pates dans de la mayonnaise avec du surimi...), poulet purée, emmental et pomme. Pas trop mal !
-12H40 : arrivée de l'interne d'une aimabilité exquise
"On vous le réchauffera si besoin" me dit elle en tendant d'un air dédaigneux le bras vers mon plat à peine commencé.
Il s'en suit une série de questions tournées à la négative où elle est surprise que je réponde "si-si !" :
"Vous n'avez pas ci ? Ah bon ?' Elle note... "Mais vous n'avez pas ça ? Ah vraiment ?" Elle note en soupirant...
Question coup de massue après que je lui ai dit que j'étais fibromyalgique : "Vous avez mal quelque part ?"
Je l'aurais bien tapé sur le moment mais je me serais fait mal et ça n'aurait servi à rien... Donc j'ai respiré profondément et continué de répondre à ses questions...
Par acquis de conscience, je lui montre mes genoux (carrés mais surtout cagneux malgré le karité à haute dose...) : elle dit "C'est rien !" avant de regarder puis regarde et reste pensive "Oui c'est vrai que c'est très sec... Vous avez la peau douce sauf là!" Bah oui c'est ce que je tente de lui expliquer, que je me crème mais reste avec des plaques sur les genoux... Elle soupire, je n'en saurais pas plus !
Je lui parle alors de mes vertiges et de ma tension faible ces dernières semaines : la réponse que mon généraliste qualifiera lui-même de "complètement idiote" : "Mangez du sucre !"
je veux bien mais ça ne changera rien, ce n'est pas de l'hypoglycémie... Tant pis, j'en parlerais à d'autres docs !
-13h15 : je mange ma purée froide : c'est pas bon... :(
-13h30 : on m'explique approximativement en me montrant à travers la fenêtre comment aller aux radios. Je ne me perd même pas (youpi !) et effectue ma radio des poumons express
"déshabillez vous dans la cabine, j'arrive"
2 secondes plus tard : "allez vous coller contre la plaque (froide !)"
"gonflez les poumons, ne bougez plus..."
"vous pouvez vous rhabiller, on vous apporte la radio dans 1 minute"
En sortant, je croise une autre patiente de ma chambre complètement perdue. Les 2 costauds l'ont ammenés là mais elle ne sait pas rentrer toute seule... 2 secondes plus tard je récupère ma radio et nous faisons le chemin ensemble !
-13h45 : de retour dans la chambre, je demande à l'infirmière quand on me fera la biopsie.
Réponse aussi précise que d’habitude : "bah elle a dit qu'elle reviendra plus tard pour vous le faire..."
"merci...." (soupir...)
-15h30 : réveil en sursaut, bon sang ! On m'égorge ?
Ah non, c'est juste l'interne qui m'a mis la main sur le bras pour me réveiller... Il semble que j'ai fait une grosse sieste.
Les choses sérieuses commencent... La fameuse biospie des glandes salivaires dont je ferais durer le suspens jusqu'à un dernier article sur la porte 17 ;)
-16h30 : après plusieurs bains de bouche, j'ai le droit de quitter, sans regrets, le service.
Je suis liiiiiiiiiiiibre !!!
jeudi 3 février 2011
mercredi 2 février 2011
Les mystères de la Porte 17
Comme je l'ai déjà dit, j'ai passé ma journée de lundi dans un service de Médecine Interne : la fameuse et terrible Porte 17...
Il y a beaucoup et peu en même temps à raconter sur cette journée car d'un point de vu diagnostic, il n'y a rien à dire : "vous aurez les résultats dans 1 mois, prenez rdv avec le docteur que vous avez vu la première fois." ...
Pour autant, d'un point de vu humoristique, il y a beaucoup à raconter car chaque examen était une occasion d'observer cet étrange milieu hospitalier et ses pratiques !
Il y aura donc certainement plusieurs chapitres à l'aventure de la Porte 17 !
J'aimerais aujourd'hui vous parler du premier examen "sérieux" que j'ai passé là-bas dans le service de médecine nucléaire. Rien que le nom du service fait peur mais ensuite, j'ai plutôt eu envie de me marrer, certainement mon goût pour la dérision !
J'allais faire une scintigraphie des glandes salivaires, je ne vais pas trop à quoi cela consistait mais c'est vraiment un examen étrange ! Tout d'abord j'ai été guidé de la Porte 17 à ce service à travers des couloirs souterrains par 2 grands costauds dont un n'arrêtait pas de se plaindre tandis que l'autre essayait de draguer les infirmières dans les ascenseurs. Il se faisait méchamment rembarrer, ce qui faisait rire son collègue ! Au moins, c'est distrayant!
Arrivée là-bas, première salle d'attente... Comme je me suis réveillée à 5h30 du matin, je ne suis pas très réveillée et je commence à m'endormir sur mon siège quand j'entend une voix ferme appeler mon nom.
Je ne vois personne mais je me dirige l'air interrogateur vers la porte où une petite nana pleine d'énergie marmonne dans ses papiers un "bonjour" et m'invite à la suivre.
Sur le trajet, elle s'arrête net pour me demander ma taille et mon poids d'un air très sérieux, comme si c'était une question de vie ou de mort....
Ensuite la question fatidique sur laquelle on n'a pas envie de se justifier mais où on veut toujours connaitre les détails : "Vous n'êtes pas enceinte ? Vous êtes sûr ? Vous prenez un moyen de contraception ? C'était quand vos dernières règles ?" et tout ça avec un air suspicieux, comme si j'avais fauté...
Une fois la question réglée, je rentre dans une salle où on me dit "Asseyez vous !" mais dans un premier temps, je ne vois que des chaises occupées... J'essaye d'ouvrir les yeux plus grands et face à l'agacement de l'infirmière qui finit par tendre un bras derrière elle, je comprend qu'il y a une chaise de libre au fond, derrière elle...
Assise, je devais être un peu blanche car elle me dit "Ça va madame ?"
"Oui-oui, je ne suis pas très réveillée et j'ai une tension un peu basse en ce moment, c'est tout... En plus, je n'ai pas encore pris mon petit déjeuner alors..."
"Comment ça vous n'avez pas eu de petit déjeuner ? Vous n'avez pas eu de petit déjeuner ?? Mais ça s'arrange pas là-bas, hein !" me répond elle très énervée.
Moi j'ai envie de rire mais elle insiste en préparant le cathéter qu'elle va me mettre dans le bras. Je préférerais qu'elle soit calme pour me planter cette grosse aiguille dans le bras !
Je finis par bafouiller un "Je n'ai rien demandé en même temps, on m'a dit que j'allais venir tout de suite ici..."
"Ah oui, c'est ptêt pour ça, ils se sont dit que ça allait fausser votre examen..."
Ouf, elle se calme et se concentre sur mon cathéter qu'elle me met parfaitement.
"Et voilà !"
Là, 2 autres infirmières rentrent pour lui demander de s'occuper de quelqu'un d'autre : elle s'énerve à nouveau "Oui bah je finis ici et j'y vais !" Heureusement, mon bras est fait, je peux aller attendre dans la seconde salle d'attente.
Là bas, tout le monde est piqué (au sens propre comme au sens figuré ! lol) : certains ont des cathéters comme moi mais beaucoup ont des perfs où coulent le produit radioactif. Tout le monde prend un air inspiré en lisant des journaux people pour passer le temps...
Au bout de 15 mn, un ptit gars rigolard, type schtroumpf farceur, m'appelle et m'emmène dans une salle où une fille m'attends avec un air tendu peu rassurant... Moi j'ai décidé d'être zen, je laisse couler et attend les instructions.
"Alors, allongez vous là, la tête sur le coussin. Voilà !" dit la fille à l'air paniqué.
Elle se sent alors obligé de rajouter "Je suis stagiaire, alors je vais vous placer et ensuite on fera les ajustements, hein ?"
Il s'en suit des hauts et des bas, des en avant et en arrière de la table par la stagiaire. Au final, le ptit gars rigolard arrive et me place correctement.
Il m'explique le déroulement des choses, tandis que j'ai déjà une plaque à 2 cm du nez :
"Bon, l'examen va durer 40 mn, faudra pas bouger du tout et au milieu on vous donnera un jus de citron à boire."
Étonnée, je demande "Pourquoi un jus de citron ?"
"Parce que ça suscite les papilles" dit il en rigolant toujours.
Une fois bien placée, on m'injecte le produit radioactif dans le bras et on m'indique de ne plus bouger.
L'examen commence... Je tente de me détendre car je commence déjà à avoir envie de bouger !
Au bout de 5 mn, le ptit rigolard revient dans la salle et me masse le bras en remontant vers la carotide pour activer le produit car "ça va pas assez vite". pendant tout ce temps, toujours interdiction de bouger, situation très étrange !
Encore plus bizarre, au bout des 20 premières minutes, le ptit rigolard revient avec un verre et une paille !
"je vais vous glisser la paille, faut tout boire mais sans bouger, hein ! C'est du jus de citron, je sais que c'est pas facile..." dit il avec un grand sourire.
Donc sans bouger, je bois à l'aide de la paille pendant l'examen, un jus de citron... Il ne cesse de me dire "encore, encore" et je me demande quand le verre sera vide.
Au bout d'un moment, il regarde le verre et me dit "Ouaouh ! vous avez tout bu et bien chapeau parce que c'est pas bon hein ? héhé..." S'il ne m'avait pas dit "encore" pendant 5 bonnes minutes, j'en aurais bu moins ! Bref...
Encore 20 mn à attendre dans la machine pendant lequel des gens viendront demander si la salle est libre et où le petit rigolard fera remarquer que je suis là !
Enfin je peux me lever et on me renvoie vers la salle d'attente n°2. Au bout de 10 mn on m'appelle et on me dit que tout est OK. Comme je suis venue accompagnée, on me renvoie une nouvelle fois en salle d'attente n°2 pour attendre les 2 costauds. Le geignard m'explique que j'aurais pu rentrer seule dans ma chambre, je lui explique que je ne sais pas où c'est dans ce dédale de couloirs, argument qu'il ne saura pas contrer !Et voilà mon expérience de la médecine nucléaire ce lundi ! L'interne m'a demandé quand elle aurait les résultats, je lui ai répondu qu'on ne m'avait rien dit. Elle est tout de même mieux placée pour savoir que moi, mais bon !
mardi 1 février 2011
La fatigue me fait faire des bêtises !
J'ai remarqué ces derniers jours un lien exponentiel entre mon degré de fatigue et mes bêtises...
Mieux vaut en rire mais je me sens vraiment bê-bête... (qui monte, qui monte en plus ! mdr) Heureusement, ce ne sont que des petites bêtises mais qui s'accumulent...
Ainsi je me suis amusée à faire rétrécir mes flacons de produits de beauté en voulant les stériliser, je n'arrive plus à régler un réveil correctement (1h plus tard, 2h plus tôt ou même 2 réveils le même jour à 2 horaires différentes mais jamais la bonne !!) et là je viens de renverser du café au lait sur ma couette, je ne sais même pas comment je me suis débrouillée...
Et ensuite les médecins ne prennent pas au sérieux les troubles cognitifs : perte de la mémoire immédiate (ça agace mon homme que je lui pose la même question 4 fois d'affilé !), problème de concentration (par ex, je me trompe de gare pour prendre le TGV...), je suis lente (3 secondes pour qu'une information arrive à mon cerveau, ça parait long à mon interlocuteur !), j'ai des troubles du langage (je mélange les mots et je finis par parler klingon sans le vouloir !), des fois je disjoncte carrément (absence momentanée)... Bref, rien de grave en soit mais cela peut devenir très handicapant si on additionne le tout ! Surtout à mon âge... C'est pourquoi je m'appelle moi-même "Lagafette" !
Enfin bon, je vais me reposer et éviter, comme les enfants, de toucher à des choses dangereuses...
La fibro, c'est une maladie qui nous vieillit et nous infantilise à la fois... Comme toutes les maladies de vieux au final !
Mieux vaut en rire mais je me sens vraiment bê-bête... (qui monte, qui monte en plus ! mdr) Heureusement, ce ne sont que des petites bêtises mais qui s'accumulent...Ainsi je me suis amusée à faire rétrécir mes flacons de produits de beauté en voulant les stériliser, je n'arrive plus à régler un réveil correctement (1h plus tard, 2h plus tôt ou même 2 réveils le même jour à 2 horaires différentes mais jamais la bonne !!) et là je viens de renverser du café au lait sur ma couette, je ne sais même pas comment je me suis débrouillée...
Et ensuite les médecins ne prennent pas au sérieux les troubles cognitifs : perte de la mémoire immédiate (ça agace mon homme que je lui pose la même question 4 fois d'affilé !), problème de concentration (par ex, je me trompe de gare pour prendre le TGV...), je suis lente (3 secondes pour qu'une information arrive à mon cerveau, ça parait long à mon interlocuteur !), j'ai des troubles du langage (je mélange les mots et je finis par parler klingon sans le vouloir !), des fois je disjoncte carrément (absence momentanée)... Bref, rien de grave en soit mais cela peut devenir très handicapant si on additionne le tout ! Surtout à mon âge... C'est pourquoi je m'appelle moi-même "Lagafette" !
Enfin bon, je vais me reposer et éviter, comme les enfants, de toucher à des choses dangereuses...
La fibro, c'est une maladie qui nous vieillit et nous infantilise à la fois... Comme toutes les maladies de vieux au final !
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